La Bruyère
26 Aug
26Aug

Ce mercredi 26 août 2026 à Kpass, village Adjoukrou situé dans la Région des Grands-Ponts, deux générations se rencontrent. Les Nigbessi Kata et les Nigbessi Boman. C'est l'essence même de la fête de génération en pays Adjoukrou. Transmettre avant de passer la main.
C'est ainsi qu'assis, paré d'un collier rouge de notable, le Très révérend Aké André Essoh, fait partie des patriarches qui ont "bouclé la boucle".

"Je suis là pour la deuxième fois, parce que je l'ai déjà fait, il y a de cela 56 ans", revèle le pasteur qui voit dans cette longévité une grâce divine. Pour cela il rend grace à Dieu qui a permis cela au point qu'il fait partie des 14 personnes sur 55, de sa génération encore en vie.

Pour lui, le respect des coutumes et la reconnaissance envers Dieu sont des facteurs importants dans la vie d'un homme. c'est pourquoi il est prêt à assumer son rôle. " Transmettre et encadrer ceux qui vont nous succeder".

Le port de l'Ablakon, le pagne qui fait l'homme

Si la parole transmet l'histoire, le geste transmet l'identité. C'est tout le sens de la transmission.
Ainsi les jeunes avant d'être présentés comme faisant partie de la génération suivante, sont soumis à des rituels au nombre desquels le port de "l'Ablakon", un pagne traditionnel. 


Il est effectué avec l'aide d'un aîné qui joue le rôle de tuteur. Il ne s'agit pas simplement de s'habiller, mais d'effectuer un rite initiatique. Car l'Ablakon" n'est pas un pagne ordinaire. 

Chez les Odjukrou (Adjoukrou), il est le symbole de la maturité et de la responsabilité. Si bien qu'on ne le porte pas seul, la première fois. Il faut qu'il soit noué par un père, un oncle ou un ancien. 

Parce que s'il est mal noué, c'est la honte de la famille. Bien porté, avec le pan qui tombe correctement, c'est la fierté du lignage.
aussi les ainés s'assurent-ils après vérification que le pagne est correctement attaché. 

Puis il l'ajuste, le serre à la taille, le replie et corrige la démarche du jeune garçon à qui l'on apprend à marcher, à se tenir et à exister dans ce pagne qui pèse. 

cet apprentissage se fait dans l'intimité familiale, sans tambour ni trompette. Toutefois, il porte l'âme du village et c'est ce qui marque que l'impétrant vient de franchir une étape.
Du témoignage des 56 ans d'un patriarche à l'apprentissage du nœud d'un pagne par un jeune, la boucle est bouclée. La génération qui part a assuré la relève et la tradition continue.

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