Le tourisme ivoirien a changé d’échelle. Il doit désormais changer de méthode. C’est tout l’enjeu de la Journée mondiale du tourisme 2026, célébrée le jeudi 8 octobre à Songon M’Bratté, autour du thème : « Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme ».
Avec plus de 6,7 millions de visiteurs en 2025, la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions. Reste à transformer le numérique et l’intelligence artificielle en véritables leviers de compétitivité, d’attractivité et de développement territorial.
Placée sous le haut patronage du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, représenté par le député-maire de Songon, Gbrou Alloboué Osée, cette célébration a mis en lumière une évidence : dans une industrie touristique de plus en plus connectée, les destinations qui sauront maîtriser les outils numériques auront une longueur d’avance.
Plus de 6,7 millions de visiteurs en 2025, plus de 1 100 milliards de FCFA de recettes touristiques, une contribution estimée à 8,7 % du PIB et plus de 650 000 emplois.
Ces chiffres présentés par le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, témoignent du poids économique croissant du secteur.
Mais ces performances appellent une nouvelle exigence. Celle de faire du tourisme ivoirien une destination non seulement fréquentée, mais aussi mieux référencée, plus accessible, plus compétitive et davantage connectée aux marchés internationaux.
Pour le ministre, le numérique, les plateformes digitales, l’exploitation des données et l’intelligence artificielle ne sont plus de simples innovations.
Ils constituent des instruments stratégiques pour améliorer la visibilité des destinations, personnaliser l’expérience des visiteurs et ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles à la jeunesse.
Encore faut-il que ces technologies dépassent le stade des intentions pour s’inscrire dans les pratiques quotidiennes des entreprises, des professionnels et des territoires touristiques.
L’intelligence artificielle peut faciliter la réservation, guider les voyageurs, valoriser le patrimoine et mieux cibler les clientèles.
Elle peut aussi aider les opérateurs à anticiper les tendances et à adapter leurs offres. Cependant, aucune technologie ne saurait compenser durablement des infrastructures insuffisantes, un environnement dégradé, des difficultés de mobilité ou un déficit d’accueil.
C’est précisément le rappel formulé par Gbrou Alloboué Osée. Car la modernisation du tourisme doit également reposer sur la propreté, l’éclairage, la sécurité, l’accessibilité et la qualité des aménagements.
Un rappel particulièrement pertinent pour les territoires du Grand Abidjan, où l’attractivité touristique se joue autant dans la valorisation des sites que dans la qualité du cadre de vie.
Le tourisme intelligent ne se résume donc pas à une destination digitalisée. Il suppose un territoire bien aménagé, des services performants et une expérience satisfaisante pour le visiteur.
Entre conférence de haut niveau, Village du numérique, démonstrations de solutions fondées sur l’intelligence artificielle et expériences de réalité augmentée, la célébration a donné à voir quelques applications concrètes des nouvelles technologies au service du tourisme.
Le projet Akwaba Parc Oriental a notamment été présenté comme une illustration de l’innovation territoriale susceptible de renouveler l’offre touristique ivoirienne.
Pilotée sous l’impulsion du directeur général de l’Industrie touristique et hôtelière, le Dr Klo Fagama, cette rencontre a également mis en évidence la nécessité de rapprocher innovation technologique, initiatives entrepreneuriales et développement local.
L’enjeu est désormais de multiplier les applications concrètes, de faciliter l’appropriation des outils par les professionnels et de veiller à ce que les retombées bénéficient aussi aux communautés.
La Côte d’Ivoire dispose d’atouts importants pour consolider son positionnement touristique. Mais la compétition entre destinations ne se gagne ni à coups de slogans ni par la seule progression des indicateurs.
Elle exige une stratégie cohérente, des investissements, une meilleure promotion numérique, des compétences adaptées et une coordination efficace entre les acteurs publics et privés.