Selon le communiqué rendu public, Guillaume Houphouët-Boigny sera inhumé à Abengourou, précisément à Adaou, dans la cité de sa mère, et non à Yamoussoukro, au caveau familial.
Ce choix, qui peut surprendre au regard de son nom et de son héritage, correspond en réalité au dernier vœu du défunt.
Homme discret durant toute sa vie, il avait toujours privilégié la retenue, le calme et l’éloignement des projecteurs.
Fidèle à cette philosophie, il aurait souhaité reposer dans un cadre paisible, loin du tumulte et de l’exposition symbolique de Yamoussoukro.
À Abengourou, il retrouve ainsi ses racines maternelles, dans une atmosphère plus intime et plus conforme à sa personnalité.
Selon des proches, il n’aurait pas souhaité que son lieu de sépulture devienne un espace de forte affluence ou de pèlerinage, à l’image du caveau de son père, Félix Houphouët-Boigny.
De son vivant, il aurait également souvent déploré, en privé, les allées et venues autour de la tombe du « Vieux ».
Selon un proche, il était profondément affligé de voir que certains, qu’il considérait comme ayant trahi son héritage ou sa philosophie, s’y rendaient de manière opportuniste.
Aujourd’hui, grâce à la médiation des chefs de canton, tous les obstacles ont été levés, aussi bien à Yamoussoukro qu’à Abengourou, afin que sa dernière volonté puisse être respectée.
Ce choix traduit, une fois encore, la cohérence d’un homme qui aura traversé sa vie dans la discrétion… et qui aura choisi de la quitter avec la même sobriété.
JACQUES ROGER
LECONSERVATEUR